"I believe in Joy Division"
Biopic de Ian Curtis, chanteur et leader du célèbre groupe anglais Joy Division,
Control se veut la relève de tout ces films biopics qui ont marqué la jeunesse des ados-rockeurs d'aujourd'hui : Jim Morisson, Jerry Lee Lewis, Brian Jones, Sid et Nancy, John et Yoko, etc. Réalisé par Anton Corbijn, qui signe ici son premier long métrage, le film nous conte la vie de Ian Curtis, de sa rencontre avec sa future femme Déborah, à son suicide le 18 mai 1980, à la veille du départ pour une tournée américaine. Inspiré par le livre
Touching from a distance écrit par Mme Curtis, c'est à Sam Riley qu'est revenu la lourde tâche d'incarner cette légende de la scène New Wave anglaise des années 70-80. Du côté du casting, Samantha Morton (
Minority Report, Elizabeth : l'âge d'or) interprète Déborah Curtis, femme passionnée puis veuve déchirée d'un homme qu'elle n'aura finalement jamais réussi à cerner. Alexandra Maria Lara (
Crazy, La Chute, L'homme sans âge) joue quant à elle le rôle d'Annik Honoré, journaliste belge et amante de Ian des années durant.
Control, c'est l'histoire d'un homme qui sans le vouloir, a changé l'histoire de la musique à jamais, laissant derrière lui un groupe meurtri, qui finira par se recomposer sous le nom de New Order.
Simon : Difficile de résumer
Control. Difficile d'en parler, les mots manquent. De l'art à l'état pur, une histoire sans artifices, celle d'un homme anéanti par la vie, bien loin de toutes ces pseudos stars de rock qui voyaient dans la drogue une issue régénératrice. Ici, l'amour est un élixir, un élixir qui deviendra poison. Comme si au final, la vie ne tournait qu'autour de ça, ce sentiment indescriptible que les Baudelaire, Wilde, London et autres magiciens de la littérature savaient retranscrire à la perfection dans leurs écrits.
Control, ça vous retourne les tripes, vous interroge sur vous même, ça vous ressuscite. Sam Riley que l'on découvre dans son premier "premier rôle" vous colle magistralement deux bonnes grosses claques dans la gueule dans une interprétation criante d'authenticité. Ian Curtis le possède, le transporte jusqu'à une perfection insoupçonnée, bien loin d'une société de consommation mensongère jusqu'à l'os. Mention spéciale pour Alexandra Maria Lara, muse à la beauté divine qui viendra longtemps peupler vos rêves les plus fous. Une réalisation sans fautes à laquelle on doit quelques plans séquences majestueux. Le choix du noir et blanc, qui à première vue semble prétentieux est au final la petite touche qui transforme le génial en extraordinaire. Du côté de la bande originale, résumée en un mot cela donnerait : magistrale. Difficile d'en être autrement quand il s'agit de Joy Division. Un frisson entre jouissance et malaise vous emporte quand les premières notes de
Love Will Tear Us Appart résonnent.
Atmosphere emplit les hauts-parleurs et c'est de l'impuissance maladive mêlée à de l'admiration éperdue qui vous cisaille. Au final, citer tout ce qu'apporte le film se transforme en mission impossible, la meilleure solution restant de le regarder, seul ou entre amis.
Control , c'est simplement la biopic la plus aboutie réalisée à l'heure actuelle. Une ode à la vie en mémoire d'un groupe immortel, d'un homme devenu une icône malgré lui.
19/20
Thom :
Control n'est pas un de ces biopics de groupe Pop-Rock comme "The Doors" (1991) d'Oliver Stone ou encore "One plus one / Sympathy for the devil" (1968) de Jean-Luc Godard, non pas question de drogue ou de filles faciles omniprésentes, non il est question de Ian Curtis véritable génie autodidacte qui tragiquement ne connaîtra jamais l'énorme impact qu'il laissera sur le monde musical post 80's jusqu'à maintenant. Dans
Control il n'est pas question de rockeur tel que la culture post Beatles/Rolling Stones nous as vendu, Ian Curtis (Sam Riley) c'est avant tout une tragédie ou l'espoir est insaisissable.
Sam Riley nous reproduit le film, un Ian Curtis plus vivant que jamais, par sa prestation comme la reproduction des danses frénétique du chanteur de Manchester, ou les jeux de caméras nous invites comme spectateurs de façon si proche qu'à chaque mouvement la douleur de Curtis nous perfore les membres, tandis qu'en dehors des concerts c'est un Ian fragile, mélancolique, beaucoup plus sombre. La caméra nous transmet de façon si intime sa vie, nous permet d'être proche de lui, à la fin du film c'est un ami qu'on perd. Ian Curtis est un de ces artiste torturé tel Rimbaud, Van Gogh ou plus récemment Elliot Smith, ceux qui n'ont pas trouvé la paix, leur paix. Parler d'un biopic sur Joy Division c'est surtout parler de musique et en effet la bande originale est au delà de nos espoirs, réalisée par de nombreux groupes de l'époque comme de nouveaux groupes reprenant l'esprit torturé du chanteur (The Killers, Shadowplay).
Facteur majeur de cette "bulle"
Control, le choix du noir et blanc n'est pas un hasard, Anton Corbijn nous annonce dès les premières minute, la fin dramatique qui nous attend.
Si vous ne devez retenir qu'une expérience intense c'est bien
Control.
18/20